Québec Mines + Énergie - 19 au 22 novembre 2018 - Centre des congrès de Québec
Vous êtes ici :

Le Québec, bleu cobalt

Présidents : Michel Jebrak (UQAMUniversité du Québec à Montréal, SIDEX) et Réal Daigneault (CONSOREMConsortium de recherche en exploration minérale)

Avec le développement de l’économie verte, la demande en cobalt a doublé depuis 10 ans. Le Québec est un producteur de ce minerai et présente des environnements favorables aux nombreux styles de minéralisations en cobalt, seul ou comme sous-produits du cuivre et du nickel. La séance permettra de présenter les divers types de gisement de cobalt dans leur environnement géologique, et plusieurs projets d’exploration au Québec.

Thématique : exploration

 

14 h - Métallogénie du cobalt et potentiel au Québec

Présentateur : Michel Jebrak (UQAMUniversité du Québec à Montréal, SIDEX)

Coauteures : Noémie Fayol (IMT Mines Alès) et Isabelle Cadieux (SIDEX)

14 h 35 - Le cobalt dans le gisement Dumont, Abitibi

Présentateur : Alger St-Jean (RNC Minerals)

Le gisement Dumont, situé à 25 km de la ville d’Amos en Abitibi, représente une réserve de nickel et de cobalt de classe mondiale. De l’avis de RNC, le gisement Dumont, lorsqu’il sera en exploitation, serait la cinquième plus grande mine de sulfures de nickel du monde.

Les principaux permis nécessaires à la réalisation du projet ont été obtenus. La construction et l’exploitation de la mine et des installations de traitement sont favorisées par la présence d’excellentes infrastructures, notamment des réseaux routier et ferroviaire et un approvisionnement hydroélectrique à coût compétitif. Les roches stériles et les résidus miniers ne sont pas générateurs d’acides, ce qui constitue un avantage avéré sur le plan environnemental.

Les réserves prouvées et probables du projet Dumont s’élèvent à 1,18 milliard de tonnes de minerai contenant 3,15 millions de tonnes de nickel et 126 000 tonnes de cobalt. La mine produira du nickel et du cobalt pendant plus de 30 ans, tous deux contenus dans un même concentré. La production initiale sera de 33 kt/an de nickel et de 1,0 kt/an de cobalt. L’expansion à l’an cinq permettra d’atteindre une production moyenne de 51 kt/an de nickel et de 2,0 kt/an de cobalt.

Le filon-couche de Dumont comprend une zone ultramafique inférieure dont l’épaisseur est d’environ 450 m et une zone mafique supérieure d’environ 250 m d’épaisseur. La zone ultramafique est subdivisée en sous-zones : péridotite inférieure, dunite et péridotite supérieure. Les cumulats de minéraux sulfurés et d’alliages de fer et de nickel présents dans la dunite forment le gisement de Dumont. Le cobalt est surtout associé à la pentlandite ([Co,Ni,Fe]9S8) et à l’awaruite ([Co,Ni]3Fe). La pentlandite est la phase la plus enrichie en cobalt, avec une moyenne en pourcentage en poids de 3,96 % Co, suivie de l’awaruite avec une moyenne de 1 % Co.

Le minerai sera traité et transformé en un concentré de nickel à l’aide de technologies courantes et éprouvées, puis expédié pour affinage. Le taux de récupération du cobalt est de 42 %. Le concentré de sulfures produit aura la plus haute teneur au monde en nickel (29 %) et en cobalt (1 %). Il pourra alimenter autant le marché de l’acier inoxydable que celui des batteries pour véhicules électriques. Les études actuelles visent à optimiser la répartition entre ces deux marchés en évaluant le grillage et la sulfatation du concentré nickélifère.

15 h 05 - Le cobalt et le scandium dans les profils latéritiques

Présentateur : Marc Antoine Audet (Sama Resources)

15 h 35 - Quelques contrôles sur les minéralisations de cobalt

Présentateurs : Phil C. Thurston (Université Laurentienne), Shawna White et Frank Santaguida (First Cobalt)

16 h 05 - Managem fête son 90e anniversaire dans le domaine de la valorisation de cobalt en Afrique

Présentateurs : Mohammed Zouhair, Younes Halhal, Belkabir Yassine et Hassan Nabil (Managem)

Une vingtaine de pays se partagent l’exploitation du cobalt dans le monde. La RDC arrive en tête, avec presque 60 % de la part mondiale, suivie par la Chine et le Canada. Au classement des producteurs, le Maroc se situe à la 12e place, notamment grâce à la mine de Bou-Azzer située à 120 km au sud d’Ouarzazate. Cette mine souterraine, qui a la particularité de produire un cobalt primaire, a été découverte en 1928. Elle est exploitée par CTT, une filiale de Managem.

Le cobalt est principalement utilisé dans l’aéronautique et les batteries. Un consensus émerge quant aux perspectives de pénurie sur le marché du cobalt dans les prochaines années. Cependant, l’industrie aéronautique n’a pas d’appétit pour la sécurisation du cobalt et le marché est difficile d’accès d’un point de vue de l’homologation et de la qualité du produit. Les batteries rechargeables, quant à elles, représentent ~50 % de la demande totale de cobalt et la filière automobile est très sensible aux enjeux de sécurisation du cobalt, compte tenu des perspectives de demande de véhicules électriques.

Les produits du Maroc (Broken Cathode) ne sont pas spécifiquement adaptés à ce marché. Néanmoins, CTT dispose d’un savoir-faire dans la production de sels de cobalt (sulfate de cobalt) et projette de modifier le procédé actuel utilisé à sa raffinerie de cobalt installée à Marrakech. Cette intégration en aval permettrait à Managem de réduire sa dépendance aux cycles du prix des métaux, de réaliser une partie de la valeur de CTT, d’obtenir des effets d’échelle, d’augmenter la valeur ajoutée produite et d’intégrer la filière des batteries électriques. Pour renforcer sa proposition sur le marché du cobalt, CTT est amenée à développer des volumes additionnels, notamment au niveau de la métallurgie et de l’approvisionnement. Il y a lieu ainsi de construire une perspective sur plus de 20 ans pour les ressources et d’identifier les options de croissance des volumes tant dans la mine de Bou-Azzer que par le recyclage.

Différents acteurs ont manifesté leurs intérêts pour participer à la valorisation du cobalt avec Managem. Ce type de partenariat permettrait la création d’une activité à plus forte valeur ajoutée et d’une option de développement en aval dans l’industrie des matériaux pour batteries. Les contreparties à ce partenariat porteraient sur l’aspect financier et technologique.

X