Québec Mines + Énergie - 19 au 22 novembre 2018 - Centre des congrès de Québec
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Géophysique au service de l’exploration minérale : actualité et perspectives

Présidents : Christian Dupuis (ULUniversité Laval), Rachid Intissar (MERNMinistère de l’Énergie et des Ressources naturelles)

L’exploration minérale s’effectue actuellement à des profondeurs de plus en plus grandes dans des environnements géologiques complexes. Afin de réduire les risques liés à l’exploration minérale, la géophysique doit s’adapter et proposer des outils qui seront plus adéquats en profondeur. Cette séance traitera de certaines pistes de solutions possibles afin de permettre la pérennité des ressources minérales.

Thématique : exploration

9 h - Les données géophysiques régionales préconcurrentielles : l’état actuel des connaissances et leur avenir

Présentateur(e)s : Jenna McKenzie (Ronacher McKenzie Geoscience), Ken Witherly (Condor Consulting) et Elisabeth Ronacher (Ronacher McKenzie Geoscience)

Les données préconcurrentielles font généralement référence aux données géoscientifiques qui ont été acquises par une agence gouvernementale et qui sont ensuite rendues disponibles à des parties intéressées, leur permettant de réaliser des évaluations minérales préliminaires avant d’engager des sommes importantes pour faire l’acquisition de terrains et réaliser des travaux d’exploration. Les données préconcurrentielles sont typiquement de l’un de ces trois types : géologiques, géophysiques et géochimiques. Les données préconcurrentielles ont comme principal objectif de stimuler la découverte de minéralisations et le développement commercial à plus long terme. Le défi, quand vient le temps de définir l’impact des données préconcurrentielles, consiste à distinguer l’effet de stimulation économique à court terme du développement économique à long terme. Les effets à court terme impliquent essentiellement un transfert de richesse entre les parties impliquées, tandis que le développement à plus long terme est plus susceptible de mener à la création de nouvelle richesse qui pourra alors soutenir l’économie locale sur une longue période.

Les gouvernements assument normalement l’entière responsabilité pour la génération de données préconcurrentielles et cibleront typiquement de nouveaux terrains d’exploration, où le potentiel minéral n’a pas encore été établi et qui sont donc moins attirants pour le milieu de l’exploration en raison du risque perçu. Dans les terrains plus matures, les campagnes d’exploration minière qui s’y déroulent peuvent générer de grandes quantités de données géoscientifiques variées, qui sont ensuite déposées en travaux statutaires. Ces ensembles de données viennent ainsi s’ajouter à l’inventaire global de données géoscientifiques du domaine public et peuvent complémenter les données financées par des sources gouvernementales, pourvu qu’elles soient pleinement et facilement accessibles en formats modernes (par ex. : données numériques versus cartes en papier).

Les données préconcurrentielles sont d’importance capitale, tant pour les explorateurs que pour l’économie d’une région, puisqu’elles aident à réduire le risque de l’exploration dans un secteur donné. La présentation de données géophysiques présente un défi complexe lorsque les explorateurs s’attaquent à des terrains plus difficiles. Les petits explorateurs n’ont souvent pas les ressources nécessaires pour réaliser des analyses sophistiquées sur des ensembles de données géophysiques complexes. Les groupes plus importants maintiennent qu’il s’agit là d’un de leurs avantages concurrentiels et ne demandent qu’un accès rapide à des données de grande qualité. La communication efficace entre le gouvernement et l’industrie est aussi critique, particulièrement lorsque les terrains deviennent plus matures et que les explorateurs ont idéalement besoin de données préconcurrentielles plus sophistiquées (et probablement plus coûteuses) pour développer des secteurs d’intérêt. Les différents types de données, ainsi que les avantages et les inconvénients associés au financement d’analyses plus détaillées par des entités gouvernementales seront abordés.

Cette conférence se penchera sur ces concepts et portera un regard sur ce qui se fait dans d’autres juridictions, tant au Canada qu’à l’international, où une importante couverture géoscientifique préconcurrentielle est disponible. Dans chaque secteur, une discussion de l’acquisition des données préconcurrentielles sera présentée, incluant les leçons à tirer dans chaque juridiction. L’application de ces idées au potentiel d’exploration minière au Québec aidera à perpétuer et à promouvoir la place du Québec parmi les meilleures juridictions d’exploration et d’exploitation minières au monde.

Présentation en anglais

Émérite

9 h 50 - La géophysique dans le cadre du projet Metal Earth pour mieux comprendre l’enrichissement en métaux des roches précambriennes

Présentateurs : Richard Smith, Esmaeil Eshaghi, Saeid Cheraghi, Mostafa Naghizadeh, Eric Roots et Graham Hill (ULaurentienne)

Le projet Metal Earth, encadré par l’Université Laurentienne, étudie la géologie et la géophysique le long de transects dans le bouclier précambrien canadien afin de comprendre les processus qui contrôlent la distribution des minéraux et leur enrichissement. Les travaux comprennent la cartographie des lithologies, des structures, des altérations et de la minéralisation en surface, des levés géochimiques ainsi que des études géochronologiques. Quant aux levés géophysiques complémentaires (réflexion sismique et sismique passive, méthode magnétotellurique [MT], gravimétrie et magnétométrie régionale), leur objectif est d’étudier les structures dans la croûte et le manteau supérieur. Les données magnétiques existantes seront compilées pour aider la cartographie géologique et pour identifier les structures au-dessus de l’isotherme de Curie, sous lequel les roches ne sont pas magnétiques. La modélisation des données gravimétriques et magnétiques se fera à l’aide de mesures des propriétés physiques prises en affleurement et sur des échantillons de terrain. Les données existantes sur les propriétés physiques seront compilées en parallèle à ces nouvelles mesures afin d’améliorer le niveau de confiance à l’égard des statistiques calculées à partir des valeurs pour chaque lithologie.

Le long du transect de Swayze, le modèle de résistivité (MT) révèle la présence d’étroites zones subverticales de faible résistivité dans la croûte supérieure, interprétées comme des voies de circulation empruntées par les fluides pour se rendre à la surface à partir d’une zone de faible résistivité quasi horizontale dans la croûte inférieure. Les résultats préliminaires des données de réflexion sismique montrent une meilleure résolution et plus d’éléments perçus que dans les données historiques Lithoprobe. Un levé sismique passif sera aussi entrepris afin de déterminer la pertinence d’appliquer cet outil, traditionnellement utilisé à beaucoup plus grande échelle, dans le cadre d’études d’exploration locales lorsque la réflexion sismique ne convient pas. Les données géophysiques seront intégrées aux données géologiques et interprétées pour livrer un modèle cohérent. L’objectif ultime est d’améliorer l’efficacité des futures campagnes d’exploration minière dans les secteurs moins connus.

Publication numéro MERC-ME-2018-085 du projet Metal Earth.

10 h 10 - Les récentes avancées technologiques en géophysique d’exploration minière

Présentateur : Pierre Bérubé (Abitibi Géophisique)

10 h 30 - De l’utilité de la pétrophysique en exploration minérale : une vision géophysique

Présentateurs : Michel Chouteau, Charles Lafrenière-Bérubé (École polytechnique de Montréal), Pejman Shamsipour (CGC) et Christophe Grenon (École polytechnique de Montréal)

10 h 50 - Comment extraire l’information géologique des données géophysiques à l’aide d’une approche interprétative intégrée

Présentateurs : Gervais Perron, Glenn Pears et John McGaughey (Mira Geosciences)

11 h 10 - Assimilation stochastique 3D de données ERT et gravimétriques en utilisant la simulation séquentielle bayésienne

Présentateurs : Shiva Tirdad, Abderrezak Bouchedda, Erwan Gloaguen (INRS-ETEUniversité du Québec INRS-Eau, Terre et Environnement ) et J. Christian Dupuis (ULUniversité Laval)

11 h 30 - L’apprentissage automatique appliqué à la géophysique en forage : un outil d’interprétation quantitatif en exploration minière

Présentateur : Martin Blouin, Lorenzo Perozzi (Geolearn), Erwan Gloaguen (INRS-ETEUniversité du Québec INRS-Eau, Terre et Environnement ) et Antoine Caté (SRK Consulting)

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