Mai 2017    Imprimer cet article

La restauration des sites miniers abandonnés au Québec – Bilan 2016

Sophie Proulx
Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles

Le passif environnemental minier

Le territoire québécois compte 499 sites miniers abandonnés, c’est-à-dire qu’ils sont sans responsable connu ou solvable. De ces 499 sites, 263 sont des sites d’exploration minière qui ne requièrent que des travaux de nettoyage, 6 sont des carrières et sablières et 230 sont des sites d’exploitation minière. Des 230 sites d’exploitation minière, 127 ne nécessitent que du suivi et de l’entretien puisqu’ils ont déjà été restaurés ou sécurisés. Des travaux sont en cours sur 18 sites, dont l’évaluation des coûts de restauration totalisent plus de 415 M$. Il reste donc 39 sites à restaurer et 46 sites à sécuriser.

Au 31 mars 2016, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) a inscrit aux comptes publics une somme de 1,22 G$ à titre de passif environnemental minier, dont 803,4 M$ pour les sites miniers actuellement abandonnés et 418,3 M$ pour les sites miniers où le MERN pourrait avoir à agir, étant donné le statut financier précaire des responsables. Depuis 2006, 134 M$ ont été investis par le MERN dans la restauration, la sécurisation, l’entretien et le suivi des sites miniers abandonnés.

La restauration des sites miniers abandonnés : mandats et défis

Comme les activités minières à l’origine des sites miniers abandonnés ont généralement engendré l’accumulation de résidus miniers sans ouvrage de confinement et qu’elles datent de plusieurs décennies, ces sites ont majoritairement un impact sur l’environnement et la santé publique. La restauration de ces sites présente un défi considérable, compte tenu de la  problématique en cause (le drainage minier acide, le drainage minier neutre contaminé ainsi que toute autre contamination liée aux activités industrielles associées à l’exploitation et à la concentration du minerai, y compris l’entretien d’équipement ou de machinerie), des superficies touchées et du contexte de réalisation.

Dans son budget 2016-2017, le Gouvernement du Québec s’est engagé à diminuer le passif environnemental minier de 80 % d’ici à 2022. La planification de la restauration des sites miniers abandonnés s’appuie sur un processus de priorisation basé sur l’évaluation des impacts réels ou appréhendés que peut avoir un site sur l’environnement ou la santé humaine. Dans le souci de restaurer les sites miniers abandonnés avec efficience, le MERN planifie ces activités de restauration de manière globale afin de tirer profit de la synergie que peut entraîner la restauration de plusieurs sites en concomitance. De cette façon, la planification des sites vise également la réduction de l’empreinte environnementale globale des sites miniers du passif environnemental, offrant des avantages économiques et logistiques tout en créant des  possibilités de valorisation de résidus ou de stériles miniers comme matériaux utilisables.

La démarche du MERN pour le réaménagement et la restauration des sites miniers abandonnés consiste sommairement en six étapes :

État de la situation au 31 mars 2016

Dans le but de mieux définir les impacts environnementaux que représentent les sites miniers abandonnés, une vingtaine de sites feront l’objet de travaux de caractérisation au cours des trois prochaines années.


Vue aérienne du site Barvue.

De plus, 18 sites miniers abandonnés sont en cours de restauration, c’est-à-dire que la caractérisation préliminaire est en cours ou est terminée et 39 restent à restaurer.

Les projets de restauration en cours et ceux prévus pour les prochaines années se présentent comme suit :


Travaux de restauration du site
New Calumet.

En 2015, 192 sites miniers abandonnés ont été visités par les inspecteurs du MERN afin de s’assurer, entre autres, qu’ils sont sécuritaires. De ce nombre, sept ont fait l’objet de travaux de sécurisation ou d’entretien. Il s’agit des sites Duhamel-Ouest, Normétal et Wood-Cadillac en Abitibi-Témiscamingue, du site Opémiska dans le Nord-du-Québec, des sites Back & Smith et Derry en Outaouais et du site Montréal en Chaudières-Appalaches. Par ailleurs, le suivi de la qualité des eaux de 18 sites miniers restaurés ou en cours de restauration a été effectué en 2015.

 

Rappelons que le MERN effectue annuellement l’inspection des sites miniers abandonnés afin de déterminer les risques potentiels pour l’environnement et la sécurité des personnes et de planifier les travaux d’entretien et de sécurisation. Les travaux de sécurisation consistent principalement à restreindre l’accès aux anciennes ouvertures minières par remblayage, par la mise en place de clôtures ou de dalles de béton.

1. Un scénario de restauration prévoit plusieurs étapes soit la sélection, la validation ou l’optimisation du scénario, l’obtention de permis ou la préparation de plans et de devis.

Envoyer cet article
Numéros précédents | Questions et commentaires


© Gouvernement du Québec, 2013