Juin 2015    Imprimer cet article

Risques et vulnérabilités du secteur minier liés aux changements climatiques 

Katrie Bergeron, ing., et Louis Bienvenu, ing.
Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles

Fonds vert

En 2002, lorsqu’il a ratifié le Protocole de Kyoto, le Canada a pris l’engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % sous les niveaux de 1990 au cours de la période 2008-2012. Pour contribuer à atteindre cet objectif tout en respectant ses champs de compétence, le Québec a adopté, en 2006, le Plan d’action 2006-2012 sur les changements climatiques (PACC 2006-2012). Ce plan avait pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de favoriser l’adaptation de la société québécoise aux changements climatiques.

En lançant le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC 2013-2020) le gouvernement du Québec réitère sa volonté de lutter contre les changements climatiques. Il prévoit des mesures dans tous les secteurs qui émettent des GES afin d’atteindre sa nouvelle cible, qui est de réduire de 20 %, sous les niveaux de 1990, les émissions de GES d’ici à 2020. Le plan vient également soutenir la Stratégie gouvernementale d’adaptation aux changements climatiques 2013-2020 par un financement, qui s’élève à 3,3 milliards de dollars, provenant du Fonds vert. Ce fonds est alimenté principalement par les revenus tirés des ventes aux enchères du Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, le SPEDE.

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) est responsable de la mise en œuvre d’une des actions du plan, soit l’analyse des risques et des vulnérabilités liés aux changements climatiques pour le secteur des mines.

À la suite des travaux effectués par les experts du MERN à ce sujet, notamment une revue de la littérature, ceux-ci ont constaté que bien des questions demeurent sans réponses. Quels seront les impacts des changements climatiques sur les sites miniers au Québec? Les changements climatiques seront-ils un frein à la mise en valeur des ressources naturelles, dont celles du Plan Nord? L’industrie minière est-elle en mesure de relever ces défis? Quelle part de risque peut être assumée par les entreprises? Par le gouvernement? Les contribuables du Québec sont-ils protégés contre des responsabilités financières futures concernant les sites sous la responsabilité de l’État ou les sites qui seront libérés?

Le MERN a donc mandaté, à l’été 2014, l’Institut de recherche en mines et en environnement (IRME) pour la réalisation d’une analyse des risques et des vulnérabilités liés aux changements climatiques pour le secteur minier québécois. L’IRME a été créé en 2013 par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et Polytechnique Montréal. Axé sur l’environnement et la gestion des rejets miniers, l’IRME vise le développement de solutions environnementales pour l’ensemble du cycle de vie d’une mine.

L’IRME a rassemblé des experts du domaine minier québécois touchant l’exploration, l’exploitation et la restauration minières pour mener à bien son mandat. Les résultats de son analyse sont attendus avant la fin de l’année 2015.

Cette étude représente un jalon important et primordial pour l’avenir de l’industrie minière du Québec. Elle permettra d’orienter les interventions du gouvernement et de l’industrie au cours des prochaines années afin d’adapter le développement des ressources minérales aux effets des changements climatiques.

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