Juin 2013    Imprimer cet article

La mine Canadian Malartic, partie sud de la Ceinture de l'Abitibi, québec, Canada : découverte et mise en valeur d'un gisement aurifère archéen à fort tonnage

Robert Wares, D.Sc., géo., géologue en chef, et Sylvie Prud’homme,
B.Sc., géo., directrice des Relations aux investisseurs
Corporation minière Osisko

La mine Canadian Malartic de Corporation minière Osisko est située immédiatement au sud de la prolifique Zone de faille de Cadillac-Larder Lake dans la partie sud de la Ceinture de roches vertes archéenne de l'Abitibi où plus d'une centaine de millions d'onces d'or ont été produites depuis les années 1920. Le projet Canadian Malartic a démarré en octobre 2004 avec l'acquisition, auprès du fiduciaire liquidateur de Mines McWatters, du bloc de claims initial couvrant le site minier de l'ancienne Canadian Malartic, une mine d'or souterraine qui a produit environ un million d'onces d'or de 1935 à 1965. À l'époque, la plupart des sociétés minières considéraient le site comme un camp minier entièrement vidé de son potentiel qui nécessitait des travaux de restauration environnementale, ni plus ni moins.

En 2004, Exploration Osisko ltée était une société d'exploration junior ne comptant que trois employés à temps plein et dont la capitalisation boursière ne dépassait pas les 5 millions de dollars. Le succès de l'entreprise repose d'abord et avant tout sur sa stratégie innovatrice : découvrir et délimiter un gisement aurifère à fort tonnage et faible teneur exploitable par fosse à ciel ouvert, en appliquant un modèle géologique inhabituel pour la région de l'Abitibi, soit celui d'un gisement d'or porphyrique archéen. Dès le début de l'année 2004, Osisko a concentré ses efforts sur la partie québécoise de la Province archéenne du Supérieur. Une compilation ciblée des données publiques, pour la plupart tirées de la base de données géoscientifiques du gouvernement du Québec disponible en ligne (Sigeom), a été réalisée pour rechercher des secteurs présentant les caractéristiques de systèmes porphyriques aurifères. Ces recherches ont fait ressortir le site de l'ancienne mine Canadian Malartic comme une cible hautement prioritaire. De plus, l'acquisition du bloc de claims initial a permis d'obtenir une importante base de données non publiées en format papier, documentant les opérations minières historiques à Canadian Malartic ainsi que des programmes d'exploration plus récents effectués sur la propriété, en particulier dans les années 1980 alors que Minéraux Lac ltée avait tenté de définir un petit inventaire de ressources à faible profondeur exploitables par fosse à ciel ouvert. La numérisation, la compilation et l'analyse de cette vaste base de données au cours des quatre mois suivants, incluant notamment les journaux de plus de 4 500 forages de surface et souterrains, ont permis à Osisko de préciser son modèle géologique pour la propriété et de confirmer le potentiel pour un gisement à fort tonnage.

La décision d'aller de l'avant avec ce projet était difficile à prendre, puisque même si les phases d'exploration et de définition des ressources s'avéraient un succès, la construction et l'exploitation éventuelle d'une mine à ciel ouvert adjacente à la ville de Malartic nécessiteraient la relocalisation d'un quartier complet de la ville, le quartier sud. De prime abord, le projet a été reçu avec beaucoup de scepticisme de la part de la communauté minière de l'Abitibi, tant pour des raisons économiques que sociales.

Sept ans après l'acquisition du bloc de claims initial, plus de 750 000 mètres de forage, le dépôt d'une étude de faisabilité positive en novembre 2008, le décret gouvernemental autorisant le projet en août 2009 et l'obtention d'un milliard de dollars canadiens en financement, la construction et le démarrage de la mine d'or à ciel ouvert Canadian Malartic ont été menés à terme. La production commerciale, à 60 % de la capacité nominale, a été atteinte en mai 2011 et s'accroît graduellement depuis. La pleine capacité de production de 55 000 tonnes par jour devrait être atteinte d'ici la fin du deuxième trimestre de 2013, permettant de produire annuellement entre 450 000 et 600 000 onces d'or, ce qui en fera l'une des plus grosses mines d'or au Canada. Les réserves prouvées et probables (à 1 200 $ US l'once d'or) totalisent présentement 10,7 millions d'onces d'or (343,7 Mt @ 0,97 g/t Au), lesquelles sont incluses dans les ressources mesurées et indiquées globales in situ estimées conformément au Règlement 43-101 à 11,80 millions d'onces d'or (352,7 Mt @ 1,04 g/t Au), ce qui en fait un gisement aurifère de calibre mondial.

L'histoire de Canadian Malartic illustre parfaitement comment l'application de modèles métallogéniques empiriques modernes dans des secteurs ayant déjà fait l'objet d'exploitation minière, même en utilisant de vieilles bases de données, peut mener à la réussite et se solder par des découvertes de calibre mondial.

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