Juin 2013    Imprimer cet article

Les notions d'intégrité dans la compilation géologique

Ghislain Roy,
Ministère des Ressources naturelles

C’est au début des années 1990 que les premières cartes géologiques ont été compilées dans le système d’information géominière (Sigeom). À cette époque, la volonté était de doter le Québec d’une couverture géologique numérique en intégrant dans une base de données centrale les différents travaux de géologie réalisés sur le territoire depuis le milieu du XIX e siècle. Cette connaissance géologique était répartie dans divers documents tels que les rapports géologiques ainsi que les thèses de doctorat et de maîtrise.

De la visualisation à la structuration

Au départ, la compilation géologique à travers le Sigeom avait pour but de faire de la cartographie numérique, et l’accent était surtout mis sur la visualisation des données, par exemple les cartes papier traditionnelles. Ainsi, le système pouvait s’accommoder d’erreurs introduites lors des étapes de numérisation si elles n’avaient pas d’incidences sur sa représentation cartographique. Les représentations à différentes échelles ou de niveaux de perception différents pouvaient même masquer certaines erreurs de nature structurelle. D’ailleurs, le Sigeom de cette époque s’attardait plus aux problèmes de visualisation qu’aux problèmes de structuration des données.

Avec l’arrivée des systèmes d’information géographique (SIG) et le traitement des données, les opérations d’analyse et de raisonnement ont rapidement détrôné la visualisation comme principale fonctionnalité. Ces traitements exploitent tous les aspects de l’information spatiale y compris la forme et la localisation des objets ainsi que leurs attributs. Contrairement à la visualisation, les opérations d’analyse et de traitement sont directement touchées par la présence d’erreurs, car les résultats peuvent être utilisés dans les systèmes d’aide à la décision. Les contrôles de qualité basés uniquement sur les aspects visuels ne sont donc plus suffisants, car seules les erreurs détectables à l’œil nu peuvent être éliminées. De plus, la cohérence apparente sur une représentation cartographique ne garantit en rien sa cohérence dans la base de données. Par exemple, une zone géologique, représentée par une région fermée (polygone) sur une carte, peut ne pas l’être dans la base de données. Par ailleurs, les erreurs n’ont pas toutes les mêmes conséquences sur les opérations spatiales. Certaines peuvent simplement empêcher l’obtention d’un résultat, alors que d’autres peuvent mener à des résultats incohérents lors d’opérations plus complexes. La qualité des données (tant sur le plan spatial que descriptif) doit donc être une préoccupation majeure pour toute organisation utilisant les systèmes d’information géographique, et le Sigeom n’y fait pas exception.

Vers l’intégrité des données

En 2010, le Sigeom a fait l’objet d’une migration importante lors de l’implantation des technologies SIG pour la production des données géologiques, abandonnant ainsi les anciens outils comme MicroStation. Ce changement a permis entre autres de déceler les nombreux éléments problématiques dans la base de données. Au début de l’année 2011, un projet de validation des données est mis en place afin d’effectuer une révision complète de la couverture géologique tant pour ce qui est de la géométrie des entités que des tables attributaires. Du même coup, tous les aspects de la production et de la mise à jour ont été revus et adaptés, afin d’y intégrer les notions d’intégrité. Le début de 2014 devrait signifier la fin de ce chantier qui aura à terme touché l’ensemble des données géologiques compilées depuis plus de 20 ans.

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