MERN - Perspectives du marché de la magnésite et de la brucite
 
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Perspectives du marché de la magnésite et de la brucite


Les marchés nord-américains de la magnésie sont fortement dépendants des importations, lesquelles représentent près des trois quarts de la demande. Il en est de même pour ceux de la magnésite au Canada.

La production américaine de magnésie caustique et réfractaire est en déclin. Les États-Unis en importent de plus en plus. En 2002, 80 % de la demande apparente provenait des importations, soit un total de 560 000 t. Par ailleurs, la demande est en progression. La valeur de ces importations dépassait 100 M$ US en 2002.

Au Canada, Baymag extrait de la magnésite de sa mine en Colombie-Britannique pour produire deux variétés de magnésie à son usine de calcination en Alberta. La seule autre usine qui utilise de la magnésite au Canada est celle de Norsk Hydro Canada, à Bécancour au Québec. Elle emploie ce minéral comme matière première pour l’extraction de magnésium métal. L’usine importe sa matière première principalement de la Chine, de l’Australie et de l’Espagne. De 1999 à 2001, moment où les prix de la magnésite importée étaient très élevés, Norsk Hydro, dont l’usine fonctionnait à plein régime, s’est probablement approvisionnée au Canada, puisque les importations canadiennes ont été faibles au cours de cette période.

Les importations canadiennes de magnésie et autres composés de magnésium sont de l’ordre de 80 000 à 100 000 t/a pour une valeur de 40 M$ CA. Elles proviennent surtout des États-Unis et de la Chine. L’essentiel de la demande se situe au Québec (environ 60 %, 66 015 tonnes en 2002, valeur annuelle moyenne de 21,0 M$ depuis 1998) et en Ontario (35 %, 31 479 tonnes en 2002, valeur annuelle moyenne de 15,1 M$ depuis 1998).

Les exportations canadiennes de magnésite sont peu importantes. Par contre, l’unique producteur canadien de magnésie en exporte près de 60 000 t/a pour une valeur de 20 à 30 M$ CA. Les États-Unis (82 % des quantités depuis 1990) et l’Allemagne (8 %) sont les principales destinations.

Le Canada importe plus de 10 000 t/a d’hydroxyde de magnésium, principalement des États-Unis, pour une valeur annuelle de 5 M$ CA. Ces importations sont destinées majoritairement à l’Ontario (90 à 95 %). (Statistique Canada)

Demande accrue pour le magnésium

L’industrie du magnésium métal est en pleine transition. D’une part, la demande pour le magnésium continue d’augmenter pour la fabrication de nouvelles composantes dans l’industrie de l’automobile et dans divers produits tels les ordinateurs portatifs, les ordinateurs blocs-notes, les caméras, les bicyclettes et les outils portatifs.

D’autre part, la production du magnésium s’est déplacée vers les régions où les coûts de production sont faibles, spécialement la Chine. Le déplacement de la production a exercé une pression à la baisse sur les prix. Plusieurs projets de nouvelles usines de magnésium métal dans les pays industrialisés ont connu des ratés :

  • en Australie, interruption de la construction d’une nouvelle usine de magnésium (projet Stanwell, Australian Magnesium Corporation) et impossibilité de financer le projet SAMAG de la compagnie Magnésium International;
  • au Québec, arrêt de la production de l’usine Magnola avant même qu’elle ait atteint son rythme de croisière;
  • abandon d’un projet d’augmenter la capacité de l’usine de Norsk Hydro Canada;
  • fermeture de plusieurs producteurs occidentaux (deux aux États-Unis, un en Norvège et un en France);
  • difficultés financières de gros utilisateurs américains.

La baisse des prix n’est pas seule en cause. L’utilisation du magnésium dans les composantes moulées pour l’industrie automobile n’a pas augmenté aussi rapidement que prévu. De plus, les nouvelles technologies qui devaient être introduites dans les récentes usines de production de magnésium ne sont pas tout à fait au point.

Malgré tout, l’usine de Norsk Hydro Canada à Bécancour a pu conserver ses parts de marché, car elle est la seule usine au monde à utiliser de la magnésite pour la production de magnésium.

Occasion d’affaires

Depuis que son usine de Bécancour fonctionne à plein régime, la compagnie Norsk Hydro Canada doit importer la magnésite requise pour l’alimenter, soit environ 185 000 t/a, pour une valeur actuelle de 13 à 14 M$ CA. L’éventuelle exploitation d’un gisement de magnésite au Québec pourrait constituer une source d’approvisionnement pour ce producteur. L’exploration pour la magnésite au Québec devrait dans un premier temps tenir compte de cette occasion d’affaires.

D'autre part, le Canada est fortement dépendant des importations de magnésie. Il doit en importer près de 100 000 t/a, soit une valeur d'environ 40 M$. Près de 60 % des importations sont destinées au Québec. Cela représente des quantités équivalentes à 250 000 t/a de magnésite et à environ 175 000 t/a de brucite et constitue donc une autre occasion d’affaires pour le Québec. Toutefois, la construction d’une usine de calcination demande des investissements importants.

Certains marchés d'importation américains pourraient être disponibles, pour du matériel de qualité et à des prix compétitifs. La majeure partie des exportations de magnésie du seul producteur canadien trouve d'ailleurs preneur aux États-Unis, avec un volume cumulatif de presque 625 000 tonnes depuis 1990. Ces ventes aux États-Unis représentent 82 % des exportations canadiennes, pour une valeur globale de près de 200 M$ au cours des 13 dernières années.

Références

LES CONSEILLERS NGI inc., 2004, Bulletin stratégique – Minéraux de magnésium – Aspects économiques, SIDEX inc.

COOPE, B., 1989, Magnesia markets. Fits for optimism, Industrial Minerals, N º  264, pp. 45-57.

KRAMER, D.A., Magnesium Compounds, U.S. Geological Survey Minerals Yearbook.

ROCHE, mars 1999, Étude des marchés de minéraux industriels utilisés comme matériel de charge ou dans d’autres applications, Ministère des Ressources naturelles du Québec.

 




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