MERN - Tantale : propriétés, usages et types de gisements
 
Stratégie minérale
OGAT
Stratégie minérale



Fiscalité minière

Histoire de l'industrie minière

Pierres gemmes

Pierre architecturale

Minéraux industriels

Métaux rares ou de haute technologie


SIGÉOM

GESTIM

Répertoire des établissements miniers du Québec





Tantale : propriétés, usages et types de gisement


Le tantale (Ta) est un métal gris-bleu, dense, ductile, très dur, résistant à la corrosion et bon conducteur de chaleur et d’électricité.

Le tantale se caractérise par :

  • une dureté de 6,5;
  • une densité de 16,6 g/cm 3;
  • un point de fusion très élevé de 3°011°C.

Le principal minerai de tantale est la tantalite [ (Fe,Mn)Ta2O6 ]. Il existe plusieurs autres types de minerais de tantale, dont la microlite, la wodginite, l’euxenite, le polycrase et la columbite-tantalite. La samarskite et la fergusonite sont également des minéraux renfermant du tantale.

Le tantale est souvent associé aux minéraux de niobium (pyrochlore, loparite). Au début des années 1800, le tantale et le niobium étaient même considérés comme étant un seul et même élément.

Usages

Plus de 70 % du tantale produit dans le monde est généralement utilisé sous forme de poudre métallique dans la production de composantes électroniques, et principalement de condensateurs. Les condensateurs fabriqués à partir de tantale sont performants à des températures pouvant varier de −55 °C jusqu’à 125 °C et présentent des avantages de capacité électrique, de dimensions et de poids. Ces particularités sont intéressantes, notamment pour le secteur de l’automobile (coussins gonflables, GPS, etc.). Selon la société minière Global Advanced Metals, les condensateurs fabriqués à partir de tantale représentent aujourd’hui 5 % de l’ensemble de leur fabrication.

Les autres utilisations du tantale liées à l’électronique concernent principalement les téléphones cellulaires et les pièces informatiques. Le tantale est aussi utilisé comme additif dans l’élaboration de superalliage (pour l’aéronautique), dans l’industrie chimique, dans la fabrication d’instruments chirurgicaux et d’implants, dans le domaine de l’optique ou encore comme filtre pour rayons X.



Source : USGS, 2010.

Types de gisements

On distingue cinq principaux types de gisements de tantale :

  • les gisements associés à des pegmatites granitiques;
  • les gisements associés à des granites;
  • les gisements associés aux complexes de carbonatite;
  • les gisements associés aux complexes intrusifs hyperalcalins;
  • les gisements associés à des dépôts alluviaux (placers).

Gisements associés à des pegmatites granitiques

La minéralisation en tantale est souvent associée à des pegmatites granitiques de type LCT. Il s’agit de pegmatites granitiques à lithium (Li), césium (Cs) et tantale (Ta) qui peuvent renfermer des concentrations économiques de rubidium (Ru), de béryllium (Be), de niobium (Nb) et d’étain (Sn). Dans les pegmatites granitiques, la minéralisation en tantale se présente dans des filonnets de quartz associés à l’étain et à des terres rares. Les gisements associés aux pegmatites granitiques ont été les plus grands producteurs de tantale au monde.

Les gisements de ce type sont notamment ceux de la mine Tanco au Manitoba (Canada) et des mines Greenbushes et Wodgina (Australie).

Au Québec, ce type de minéralisation se trouve uniquement dans la Province du Supérieur et plus particulièrement dans les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Baie-James.

Gisements associés aux intrusions granitiques

La minéralisation en tantale est parfois associée à des intrusions granitiques peralumineuses (apogranite). En général, les minéralisations en tantale associées à ces intrusions granitiques forment des gisements de gros volume, mais de faible teneur. Les autres substances métalliques associées sont du lithium (Li), du niobium (Nb) ou de l’étain (Sn).

Les gisements de tantale associés à des apogranites comprennent notamment ceux de Beauvoir (France), d’Abu Dabbad (Égypte), de Ghuarayyah (Arabie Saoudite) et d’Yichum (Chine).

Gisements associés aux complexes de carbonatite

Les complexes de carbonatite renferment souvent du niobium, du tantale et des terres rares. Au Québec, la minéralisation en tantale associée au niobium (mine Niobec) et celle localisée dans le cadre des projets Crevier et Niocan constituent des exemples typiques de gisements associés à des complexes de carbonatite.

Des carbonatites ont été localisées dans toutes les provinces géologiques du Québec, à l’exception des Appalaches. Elles constituent des corps géologiques susceptibles de renfermer une minéralisation économique en tantale au Québec.

Gisements associés aux complexes intrusifs hyperalcalins

Les complexes intrusifs hyperalcalins (syénite à néphéline, syénogabbro, phonolite) peuvent renfermer des éléments de terres rares comme substances économiques principales, mais aussi afficher des teneurs intéressantes en tantale et en niobium.

Ce type de minéralisation est présent au Québec dans les provinces géologiques de Grenville et de Churchill.

La minéralisation en tantale-niobium et terres rares du gisement de Motzfeldt Centre, dans le sud du Groenland, est un cas typique de minéralisations associées aux complexes intrusifs hyperalcalins.

Outre ces principaux types de gisements, on trouve aussi des minéralisations en tantale qui ne correspondent à aucun des grands types génétiques répertoriés. Ainsi, plusieurs de ces indices minéralisés en tantale et en niobium ont été localisés au Québec dans la Province de Grenville. Une étude plus approfondie des contextes géologiques hôtes de ces indices serait nécessaire pour les classifier et pourrait permettre la découverte de gisements atypiques d’intérêt.

Gisements associés à des placers

Des minéralisations en tantale se trouvent dans des dépôts alluviaux (placers) qui peuvent renfermer parfois des concentrations élevées de tantale. Le minerai de tantale peut être facilement enrichi au moyen de techniques simples de traitement par concentration gravimétrique.

Les gisements associés aux placers se trouvent notamment en Afrique centrale (République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi).


Références

Finch, A. A., K. M. Goodenough, H. M. Salmon and T. Andersen ( 2001). “ The petrology and petrogenesis of the North Motzfeldt Centre, Gardar Province, South Greenland”, Mineralogical Society of Great Britain and Ireland , Vol. 65, no. 6, p. 759-774.

Jones, A. P., L. M. Larsen (1985). “Geochemistry and REE minerals of nepheline syenites from the Motzfeldt Centre, South Greenland”, American Mineralogist, Vol. 70, p. 1087-1100.

United States Geological Survey (2010). Colakis, M. and M. Joan, Classical mythology & more, 2007.

 




Retour à la page précédente