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Historique - Granit


Contrairement au calcaire, le granit a été lent à apparaître sur le marché de la pierre architecturale au Québec. Il a fallu attendre la construction de voies de chemin de fer, au milieu du XIXe siècle, pour que s’amorce l’exploitation industrielle du granit. Auparavant, les gisements connus étaient considérés comme trop éloignés des centres de consommation de Montréal et de Québec. Pendant longtemps, les pierres des champs, de forme arrondie, ont été utilisées pour construire des maisons à l’épreuve du feu. Elles provenaient, en grande partie, de blocs détachés d’affleurements rocheux de la Province de Grenville et transportés lors de périodes glaciaires (Maurice, 1955).

Au Québec, les premiers rapports de la Commission géologique du Canada mentionnent les régions où il était possible d’extraire du granit de qualité supérieure et de taille facile. Les secteurs de Stanstead et de Barnston en Estrie ont fourni, par la suite, du granit en très grande quantité. Outre ces secteurs, des centres importants d’extraction sont recensés. Il s’agit des cantons de Chatham, de Grenville et de Wentworth ainsi que certaines Collines Montérégiennes. En 1864, lors de la publication du rapport sur la géologie du Canada (Logan et al., 1864), les matériaux de construction, à l’exception du calcaire, étaient presque totalement négligés.

Parmi les plus vieux édifices construits en granit taillé de Stanstead avant 1888, mentionnons, à Sherbrooke :

  • la banque des Cantons de l’Est (1877), qui abrite maintenant le Musée des beaux-arts;
  • l’ancien bureau de poste (1881-1885), devenu le Centre d’interprétation de l’histoire de Sherbrooke (Kesteman et al., 2001);

et à Québec :

  • les murets d’enceinte (probablement entre 1883 et 1886) entourant les terrains du parlement (Ledoux et Jacob, 2003).

Les premiers travaux semblent avoir été faits dans la carrière de monsieur Haselton (carrière Norton) ouverte en 1868. La carrière de monsieur Moir (carrière Stanstead Granite), ouverte en 1888, fait partie du site encore exploité de nos jours par la compagnie Rock of Ages du Canada.

Les premiers travaux d’extraction ayant été couronnés de succès, de nouveaux exploitants ont ouvert des carrières ailleurs au Québec. À la fin du XIXe siècle, il y avait déjà au moins dix carrières en exploitation :

  • trois à Stanstead;
  • deux à Saint-Samuel-Station et à Sainte-Cécile-de-Whitton;
  • une près d’Iberville;
  • deux à Rivière-à-Pierre;
  • deux près de Browsburg.

Au sud et au nord du Saint-Laurent

La majorité des carrières de granit architectural du Québec sont situées de part et d’autre du fleuve Saint-Laurent; au sud, dans la Province des Appalaches et dans la Plate-forme du Saint-Laurent, et au nord, dans la Province de Grenville. Les granits au sud du fleuve sont d’âge Cambrien (570 à 500 Ma), Dévonien (379 à 362 Ma) ou Crétacé (140 à 119 Ma). Les roches cambriennes et dévoniennes (granite, granodiorite) ont été exploitées en Estrie, principalement dans les secteurs de Stanstead, de Stanhope, de Scotstown, de Saint-Sébastien et de Saint-Gérard (Nantel, 1984).

Les intrusions du Crétacé, connues sous le nom de Collines Montérégiennes, sont des dykes et des plutons de roches alcalines (syénite, nordmarkite, pulaskite, essexite et gabbro) qui ont recoupé les roches appalachiennes et celles de la Plate-forme du Saint-Laurent (Brisebois et Brun, 1994). Ces roches intrusives ont été extraites de carrières situées le long d’un axe ouest-est, entre Montréal et Mégantic. Les travaux d’extraction les plus importants ont été réalisés au mont Saint-Grégoire, anciennement nommé mont Johnson (Carr, 1957).

Les granits exploités au nord du fleuve Saint-Laurent sont d’âge Ordovicien (466 à 431 Ma) ou Protérozoïque (1 200 Ma à 1 000 Ma). Les roches ordoviciennes (granite et syénite) ont été extraites dans les secteurs de Rigaud, de Brownsburg et de Rawcliffe tandis que celles d’âge Protérozoïque (granite, roches charnockitiques, gabbro) proviennent de plusieurs secteurs dont Saint-Alexis-des-Monts, Rivière-à-Pierre, La Baie et Saint-Nazaire (Bellemare, 2001). La majorité des granits exploités au nord du fleuve Saint-Laurent appartiennent à la Province de Grenville, toutefois quelques-uns proviennent de la Province du Supérieur.

Carte de localisation des exploitations de granit architectural au Québec

Exploitation du granit dans la Province du Supérieur
Exploitation du granit dans la Province de Grenville
Exploitation du granit dans la Province des Appalaches
Exploitation du granit dans les Collines Montérégiennes

Références

BELLEMARE, Y., 2001. Exploitation de la pierre de taille au Québec dans la Province de Grenville de 1983 à 1997, Industrial Minerals in Canada, CIM Special Volume 53, p. 209.

CARR, G.F, 1957. L’industrie du granit au Canada, Ottawa, Ministère des mines et des relevés techniques, Division des Mines, coll. Rapport, no 852, 191 p.

KESTEMAN, J. P. et al., 2001. Guide historique du Vieux Sherbrooke, La Société d’histoire de Sherbrooke, 271 p.

LEDOUX, R., JACOB, H. L., 2003. Geology of the Parliament Buildings 4. Géologie des édifices du Parlement de Québec, Geoscience Canada, Volume 30, numéro 4, p. 145-160.

LOGAN, W. E. et al., 1864. Rapport sur la géologie du Canada, Ottawa, Commission géologique du Canada, Rapport de progrès, jusqu’à 1863, 1 043 p.

NANTEL, S, 1984. L’industrie de la pierre de taille au Québec; aspects géologiques des exploitations de granite, Canadian Institute of Mining and Metallurgy, Special Volume 29, p. 70-78.

 




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