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Exploitation des terres rares


Jusqu’à présent, le Québec n’a pas produit de terres rares. La presque totalité de la production mondiale des éléments de terres rares (ETR), plus de 97 %, provient de la Chine, principalement du gisement Bayan-Obo dans la région de la Mongolie-Intérieure, et de gisements d’argile dans le sud. De petites quantités de terres rares sont aussi produites en Inde, au Brésil, en Malaisie et en Russie. Selon des officiels du gouvernement japonais, plusieurs petites mines illégales de terres rares sont exploitées en Chine, ce qui aurait vraisemblablement une influence sur les données réelles de la production totale. Du début des années 60 jusqu’au milieu des années 80, les États-Unis ont été le principal producteur de terres rares dans le monde avec le dépôt de Mountain Pass en Californie.


En 2008, la production mondiale d’ETR aurait été supérieure à la demande selon l’USGS. La situation pourrait toutefois s’inverser dans les prochaines années avec l’augmentation de la demande et les restrictions sur les exportations de la Chine. Ainsi, selon la société Lynas Corporation, en 2010, la demande totale était de 136 100 t d’oxydes de terres rares d’une valeur de 7,8 milliards de dollars américains. Elle prévoit que la demande sera de 190 100 t (plus de 11,2 milliards de dollars américains) dès 2014 tandis que l’approvisionnement ne sera que de 169 800 t.

Cette situation favorise le développement de nouveaux projets miniers non chinois et une recrudescence des efforts d’exploration. L’USGS estime que certains projets pourraient se concrétiser dans les prochaines années.

  • La mine Mountain Pass de MolyCorp Minerals en Californie, qui a cessé de produire en 1998 pour des raisons économiques et environnementales, vient de redémarrer sa production (3 000 t par année). Elle prévoit une expansion à 40 000 t par année d’ici à 2013.
  • La société Lynas Corporation est à compléter l’aménagement d’une mine et d’un concentrateur de terres rares (11 000 t par année) à Mount Weld en Australie. Elle entreprend aussi la construction d’une usine de séparation en Malaisie.
  • La mine de loparite dans la péninsule de Kola en Russie, déjà en exploitation, a entrepris des travaux visant à augmenter sa production.
  • Quelques projets sont en développement au Canada (Hoidas Lake en Saskatchewan et Nechatacho dans les Territoires du Nord-Ouest), aux États-Unis (Bear Lodge, Diamond Creek, Lemhi Pass et Elk Creek), en Australie (Nolans et Dubbo Zirconia), au Malawi (Kangankunde) et au Vietnam (Dong Pao).

Prix

Les terres rares ne sont pas négociées sur les marchés publics. Toutefois, les prix des principaux oxydes sont rapportés dans des revues spécialisées. Les prix varient énormément selon l’élément (ou l’oxyde) recherché et en fonction de la demande, de sa pureté et de sa rareté. Les terres rares lourdes ont généralement une plus grande valeur. Certaines terres rares comme l’europium et le terbium commandent une valeur en forte croissance, dépassant les 500 $/kg (oxyde à 99 %). Si l’on fait une moyenne pour quelques gisements connus, la valeur est de l’ordre de 10 000 à 15 000 $/ti d’ETR.

Comme les terres rares se retrouvent (en quantités variables) d’un minéral à l’autre et d’un gisement à l’autre, elles ne peuvent être extraites individuellement. C’est la composition en ETR dominants qui dictera la valeur du minerai, souvent de l’ordre de 10 à 15 $/kg.

En dépit de leur importance dans la production de plusieurs biens, le coût des terres rares comme intrant ne représente généralement qu’une faible fraction du coût total de fabrication.

Avant que la Chine ne commence à produire massivement des terres rares au milieu des années 90, les prix de ces substances se situaient à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui. Cette production massive à faible coût de la Chine a eu pour effet d’inonder les marchés, de faire chuter considérablement les prix et d’éliminer pratiquement tous les autres producteurs non chinois. Certains analystes estiment que la Chine a vendu ses terres rares à perte pendant de nombreuses années. Les prix sont de nouveau à la hausse depuis quelques années en raison de l’augmentation de la demande, de la spéculation et de la hausse des coûts de production chinois.

* La mine de Bayan-Obo représente plus de 90 % de la production mondiale.
Source : Prix moyens selon Asian Metal Prices et distribution des éléments par lieu géographique selon The industrial minerals handybook IV, 2002.

Dépenses d’exploration

Les gisements exploitables dans le monde sont pour la plupart situés en Chine. Depuis quelques années, les activités et les dépenses mondiales d’exploration pour les terres rares ont toutefois augmenté rapidement, ce qui devrait avoir un effet à court terme sur les réserves connues.

Au Québec, alors que les activités d’exploration relatives aux terres rares avaient généré des dépenses de 62 000 $ en 2000, elles ont généré, en 2009ii, des dépenses de 2,8 millions de dollars. Pour 2010, l’augmentation pourrait être encore plus marquée.

Selon l’USGS, les réserves mondiales de terres rares devraient être suffisantes pour répondre à la croissance de la demande au cours du xxie siècle. En effet, plusieurs gisements importants, qui sont bien connus en Chine et en Australie, n’ont pas encore été exploités. De plus, les États-Unis possèdent des réserves connues (Mountain Pass) équivalant à plus du tiers de celles de la Chine.

Le gouvernement chinois estime que, au rythme actuel d’exploitation des terres rares, la Chine pourrait avoir épuisé l’ensemble de ses réserves d’ici 20 à 30 ans.

De nombreux gîtes connus dans le monde pourraient éventuellement devenir économiquement exploitables, et cela, notamment au Brésil, au Canada, en France, au Groenland, au Japon, en Malaisie et en Zambie.

Un groupe d’entreprises japonaises (Sumitomo et Toshiba), en collaboration avec la société d’État Kazatomprom, envisage de construire un centre de transformation des terres rares au Kazakhstan, un pays qui possède de grandes quantités de résidus miniers provenant d’anciennes mines d’uranium exploitées pendant l’ère soviétique et dont les résidus contiennent aussi des ETR.

La Chine est de loin le principal producteur et consommateur de terres rares dans le monde.

En raison des usages grandissants de ces substances et de leur utilité dans les nouvelles technologies et dans l’équipement militaire, plusieurs pays s’inquiètent du quasi-monopole de la Chine qui a pratiquement le contrôle sur la production de terres rares et sur l’industrie de la transformation.

En 2004, la Chine a commencé à imposer des quotas d’exportation et des taxes temporaires à ses exportations de terres rares pour des raisons dites environnementales, selon le gouvernement.

En limitant ses exportations de la matière première, la Chine peut influencer les prix et encourager certaines entreprises à déménager leurs installations en Chine pour y effectuer la transformation des ETR, en s’assurant d’avoir un approvisionnement en matières premières.

Dans les années 90, la Chine exportait presque exclusivement ses ETR sous forme de produits bruts et les pays importateurs utilisaient ensuite les substances pour en faire des produits finis. Depuis la fin des années 90, grâce à sa situation de quasi-monopole, la Chine s’est efforcée de développer une industrie locale de transformation des ETR.

L’État a construit une zone de développement industriel des terres rares dans la ville de Baotou, à proximité de la mine de Bayan-Obo. Cette ville industrielle compte désormais plus de 20 000 personnes qui travaillent uniquement dans l’industrie des terres rares, soit dans l’extraction minière, dans la recherche et développement, dans la transformation des minéraux et dans la production de biens finis. Le gouvernement a annoncé dernièrement qu’il comptait développer davantage cette zone industrielle.

La Chine exporte donc de plus en plus ses terres rares sous forme de biens manufacturés, et c’est le seul endroit au monde qui possède les installations nécessaires pour affiner tous les ETR. Ainsi, à l’heure actuelle, toute nouvelle mine d’ETR qui démarre sa production dans le monde devrait vendre sa production à la Chine pour qu’elle effectue la seconde transformation. La situation pourrait changer avec les investissements américains et japonais pour développer l’industrie américaine de transformation des terres rares.

Par ailleurs, les terres rares sont présentées comme étant des substances « vertes » qui peuvent, grâce à leurs propriétés, contribuer à la production de nombreux produits écologiques et non polluants. Les méthodes de production et de transformation des ETR qui sont actuellement utilisées en Chine sont toutefois très polluantes de l’avis même du gouvernement chinois. La production de ces substances en dehors de la Chine permettrait notamment de produire ces substances d’une façon plus écologique.


i En se référant à la composition du gisement de Bayan-Obo en Chine. Prix selon Asian Metal Prices, mars 2011.
ii Selon les données recensées par l’Institut de la statistique du Québec.


Référence

Cordier, D. J. and J. B. HEDRICK (2008). “Rare Earths”, U.S. Geological Survey Yearbook, p. 60.1-60.15.




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