Nos experts

Jean-Pierre Saucier
Ingénieur forestier




Un jour, alors que nous revenions vers les Escoumins par un chemin forestier, un homme nous fait signe d’arrêter. Sa voiture refuse de démarrer et sa femme s’époumone en répétant d’amers reproches. Une machine récalcitrante à ranimer et la flamme d’un couple à raviver, que faire? Une conversation avec mon garagiste me revient alors en tête. Pompe à essence, choc violent, dispositif d’arrêt de sécurité sur certains modèles de voiture. Oui, il était là le problème! J’ai appuyé sur le bouton de remise en marche de la pompe et VROUM! Pas mal mes notions de mécanique… et de service aux citoyens.

Nous travaillons souvent dans des endroits difficiles d’accès. Au cours d’une vérification d’inventaire écologique, notre camion s’enlise sérieusement dans la vase. Laisse-moi te dire qu’après cinq heures à patauger dans l’argile pour sortir notre véhicule de là, ma coéquipière et moi avions un « look » d’enfer. Le lendemain, nous sommes retournés faire l’inventaire… en empruntant un autre chemin.

Dans une forêt expérimentale, alors que je prenais une visée à la boussole, j’ai figé sur place. Hébété, je n’arrive plus à bouger. Intrigué, mon collègue ingénieur suit mon regard. Alors il voit, il comprend et, par réflexe ou par instinct, il crie haut et fort « UN OURS! ». Alerté, l’animal disparaît dans le sous-bois. Ouf! Heureusement qu’il n’a pas décidé de faire plus ample connaissance! Il m’arrive régulièrement de retourner dans cette forêt et de croiser un ours. Est-ce lui? Peut-être qu’il me considère comme son vieux copain? Gentil de venir me saluer… à bonne distance!


Je suis souvent au bureau. Travailler dans un centre de recherche est vraiment très stimulant. J’ai le sentiment de contribuer à faire avancer les connaissances sur la forêt.

C’est toujours avec une certaine fébrilité que nous préparons notre travail en forêt. À l’occasion de nos expéditions nous recueillons, en peu de temps, les données avec lesquelles nous effectuons la classification écologique du territoire ou les modèles de croissance forestière.

À la fin d’une chaude journée de travail sur le terrain, c’est parfois un plaisir de plonger dans le lac au bord duquel l’avion viendra nous chercher.

Au sommet d'une montagne, à près de 1 000 mètres d'altitude, il est fascinant de voir les différents types de peuplements forestiers qui s'étendent à perte de vue. Une véritable mosaïque de formes et de couleurs.

Les inventaires forestiers, c’est notre affaire! D’abord, on réalise une cartographie des peuplements forestiers par photointerprétation, à l’aide d’un stéréoscope, pour ensuite identifier des stations d’échantillonnage représentatives. Sur le terrain, dans ces stations, on mesure le diamètre, la hauteur et l’âge des arbres et on recueille des renseignements sur la régénération végétale ainsi que sur les caractéristiques du sol. L’analyse des données nous permet notamment de déterminer combien d’arbres peuvent être récoltés en une année sans nuire au renouvellement de la forêt et à l’environnement. Ou quels sont les aménagements forestiers à privilégier. Ou, encore, comment préserver des écosystèmes rares ou exceptionnels.
 

Mes photos

Professeur Saucier Anneaux de croissanceAu congrès mondial

Mes objects fétiches

Stéréoscope numérique
Stéréoscope numérique
Comme le stéréoscope de poche, le stéréoscope numérique permet de visualiser les photographies aériennes en trois dimensions. L’image créée par stéréoscopie est numérisée et affichée directement sur écran d’ordinateur. Cette petite révolution technologique facilite grandement notre travail de photointerprétation et de cartographie.

Appareil photo
Appareil photo
Davantage que des couchers de soleil, l’ingénieur forestier photographie des peuplements d’arbres ou des forêts expérimentales qu’il a visités. Les photos sont un excellent complément à ses notes.

Tarière de Pressler
Tarière de Pressler
La tarière de Pressler ressemble à un tire-bouchon creux. Lorsque je l’introduis dans le tronc d’un arbre, jusqu’à son centre, j’arrive alors à extraire un échantillon de l’arbre sous la forme d’un petit cylindre de bois, communément appelé «carotte». En examinant le cylindre, je peux déterminer rapidement l’âge de l’arbre en comptant les anneaux de croissance. Je peux aussi découvrir la vitesse de croissance de l’arbre sur un intervalle de temps et établir si son développement a été ralenti, par exemple, par la croissance d’autres arbres en compétition avec lui.

Sonde hollandaise
Sonde hollandaise
Le sol dans lequel un arbre s’enracine détermine son potentiel de croissance. Grâce à la sonde hollandaise, je peux connaître la texture, la capacité de drainage et l’épaisseur d’un sol. J’en évalue ainsi la fertilité, qui conditionne la composition et la dynamique de la végétation.

   

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